Divine Women, la place des femmes dans la religion


Une deuxième review ce mardi (parce que je suis motivée :P). Cette fois ni livres ni cartes mais une série de trois documentaires diffusés initialement sur la BBC sur la place des femmes en religion et plus particulièrement leur rôle au sein des grandes religions à leur début. J’ai posté les liens de ces vidéos sur la page facebook dans le désordre, je les remettrai donc en bas de cet article dans l’ordre, histoire que vous ayez quelque chose de cohérent (cela dit chaque « épisode » est indépendant des autres).

Cette série se concentre donc sur la place des femmes dans les religions, principalement de l’antiquité. A partir de recherches archéologiques et dans les écrits des époques concernées on en apprend plus à la fois sur les pratiques de l’époque mais aussi sur les évolutions postérieures.

Au début du visionnage, j’ai eu un peu peur de tomber sur quelque chose de très féministe, trop au point de brouiller la vérité historique au profit d’un pouvoir féminin fantasmé. Il faut avouer que le titre et les extraits que l’on voit dans le générique peuvent faire craindre ce type de dérive. En réalité, j’ai trouvé cette production assez objective, très instructive et j’ai apprécié que l’on ne tombe pas dans la misandrie.

La présentatrice, les femmes et les hommes interrogés sont très sobres dans leurs propos même si on ressent clairement dans certaines scènes l’intensité de l’expérience ou des convictions (notamment pendant le festival en l’honneur de Durga). En ce sens, j’ai trouvé que ces films avaient une certaine poésie, cela reste bien sûr une appréciation personnelle 😉

Pour résumer un peu le contenu de Divine Women, la présentatrice  et universitaire Bettany Hughes parcours le monde à la recherche des femmes qui ont marqué l’histoire par leur indépendance et leurs réalisations notamment dans le domaine religieux ou par le biais de la religion. Elle visite ainsi les sites de la Grèce antique dédiés aux déesses, notamment à Aphrodite dont j’ai trouvé extrêmement intéressante l’image donnée dans le documentaire. On découvre les destins de Théodora qui de prostituée deviendra une impératrice respectée grâce au Catholicisme,  on redécouvre Aïcha, la jeune épouse de Mahomet, Khadija sa première femme et une impératrice chinoise à l’ascension fulgurante : Wu Zetian. Ce ne sont que quelques exemples car Divine Women traite de nombreux exemples de femmes de pouvoir, humaines ou déesses.

C’est assez impressionnant de découvrir ou de redécouvrir ces personnages quasi-légendaires et en même temps il est triste de constater combien les générations suivantes ont fait d’efforts pour les oublier et les effacer de l’Histoire. En même temps, le film met l’accent sur les femmes d’aujourd’hui, en interrogeant de nombreuses universitaires comme pour montrer que l’héritage des légendes qu’il présente est encore là. Cela dit, j’ai aussi beaucoup apprécié l’intervention des hommes, historiens ou professeurs qui ont recherché ce sujet et permis à Hilda et ses comparses de sortir de l’ombre, cela a donné à mon avis un certain équilibre au documentaire.

On n’est donc pas en présence d’une production féministe par les femmes pour les femmes. Divine Women n’est pas une bataille menée contre les hommes, simplement une volonté de femmes et d’hommes de rétablir l’équilibre et la place historique des femmes en religion. Cela implique aussi de ne pas fermer les yeux sur les réalités de l’époque, d’accepter que l’âge d’or de la femme n’a peut-être pas existé en tant que tel et ce documentaire le montre de façon très claire et objective.

Si les épisodes se concentrent sur l’antiquité, le moyen âge et un passé assez éloigné, dans le second est un peu plus ancré dans le présent car il traite, entre autres du culte de Durga en Inde, une divinité et un culte encore très vivant aujourd’hui.

Bref, en résumé, j’ai beaucoup aimé Divine Women, et j’ai même un peu été déçue qu’il n’y ait que trois épisodes. A voir absolument donc.
Vous trouverez les trois épisodes de Divine Women sur les liens suivants, chacun dure environ 1h et est en anglais non sous-titré :

Divine Women #1 – When God was a girl

Divine Women #2 – The handmaids of God

Divine Women #3 – The War of the Word

Pour en savoir plus, direction le site de Bettany Hughes ou celui de la BBC.

Bettany Hughes Divine women
Bettany Hughes
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2 réflexions sur “Divine Women, la place des femmes dans la religion

  1. Je me permets juste un petit commentaire. Tu dis « On n’est donc pas en présence d’une production féministe par les femmes pour les femmes. Divine Women n’est pas une bataille menée contre les hommes » => Le féminisme ce n’est pas écraser les hommes. C’est simplement l’idée révolutionnaire que les femmes sont des êtres humains. Des êtres humains qui sont souvent considérées comme de « second choix ». Un petit jeu de questions réponses en anglais demandait « est-ce que vous considérez que les femmes sont des êtres humains ? » oui ou non. Et en cochant oui, une image apparaissait et disait « alors vous êtes féministe ». En substance c’est un peu ca.

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    • J’avoue avoir fait un impair en utilisant « féminisme » comme synonyme de « misandre », pour moi le féminisme au sens propre va de soi, disons que ça fait partie du package des vérités absolues inculquées par ma famille (avec la loi de la gravité et « la junk food n’est pas de la nourriture :P). Du coup, j’ai souvent du mal avec les méthodes de certains groupements féministes que je trouve trop agressives et j’en viens à associer « féministe » à quelque chose de « disharmonieux » (là non plus je ne suis pas sure d’utiliser le bon terme ^^).

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