Néo-paganisme, religion, spiritualité et foi : refléxions en vrac


Je ne sais pas où cet article va mener, je ne pense pas arriver à traduire ma pensée correctement par des mots et pour être honnête, je n’espère même pas qu’il soit un tantinet structuré, soyons réalistes. Je ne suis pas une grande fan de télévision, je la regarde assez peu et la plupart du temps, mon choix se porte vers les replays d’Arte, parfois de France 5. Dernièrement, Arte (si je ne me trompe pas pour le 1er reportage) justement a proposé plusieurs reportages sur l’Eglise catholique et son évolution, notamment maintenant qu’elle a changé de pape. Si je ne suis pas catholique (ou musulmane, ou juive …etc.), j’aime beaucoup les documentaires sur cette religion et son évolution, je trouve ça passionnant d’un point de vue historique et sociétal. J’ai donc profité d’une bonne tisane et visionné les reportages en question. Le premier se concentrait sur le rapport de l’Eglise à l’argent et le second sur les défis de l’Eglise aujourd’hui. C’est intéressant de constater que les questionnements des catholiques, pour ne prendre que cet exemple car je pense sincèrement que c’est le cas pour toute personne spirituelle quelle que soit sa religion, ne sont pas éloignés de ceux des païens, des miens en fin de compte. Un peu comme si la religion cristallisait les remises en question sociales à un certain point de l’évolution, du chemin spirituel. Bref, tout ça pour dire que l’on n’est pas dans un monde où religion du livre et paganisme sont totalement opposés. Malgré tout, une partie des païens, certaines mouvances du néo-paganisme se développent en opposition, en contradiction avec les grands monothéismes, christianisme en tête. Pourquoi ?

Dans mon évolution spirituelle, je suis passée par cette phase, cette adolescence spirituelle pendant laquelle, puisque je n’arrivais pas à entrer dans une case pour ce que j’étais, je me suis définie par ce que je n’étais pas. Beaucoup de gens autour de moi sont passés par cette même étape, ce moment où l’on rejette en bloc tout ce qui nous entoure pour arriver à trouver son identité. En France, la religion prépondérante, quoi qu’on en dise aujourd’hui et au moins historiquement, c’est le christianisme (qui est en fait un terme ombrelle mais on va s’en contenter). Donc en général, on se braque contre le christianisme d’autant plus qu’il y a cette sensation d’injustice quand on voit que dans un pays aussi obtus à la spiritualité (oui, la France et les religions, ce n’est pas le grand amour, et oui, j’ai des points de comparaison, plusieurs qui me conforte dans cette opinion), le christianisme est accepté alors que le paganisme est relégué au rang de secte ou de joyeux hippies totalement à l’ouest.

Cela dit, comme beaucoup, cette « phase » m’est passée. J’ai fini par comprendre et accepter qu’être païen aujourd’hui, en France comme dans beaucoup de pays à la culture judéo-chrétienno-musulmane marquée, c’est être en marge. Mais après tout pourquoi pas ? C’est un cycle, les anciens païens n’ont pas été tendre avec les premiers chrétiens non plus. Ce n’est pas une question de croyances mais bien d’ordre établit. Le pouvoir en place, quel qu’il soit, n’accepte pas qu’une « mouvance à tendance sectaire » (néo-païen aujourd’hui, chrétiens hier) prenne de l’ampleur et menace son emprise sur le peuple mais surtout, son empire financier. Ne nous voilons pas la face, le Dieu universel de l’Eglise (et je dis bien de l’Eglise, pas des chrétiens !) c’est l’argent.

Regarder ces documentaires, y repenser m’a confortée dans mon idée que l’Eglise n’est pas ses fidèles, l’organisation n’est pas la somme des hommes et femmes qui la composent. Quand on discute un peu avec un chrétien (catholique ou non), on découvre souvent quelqu’un qui croit, dont la foi est immensément plus complexe et simple à la fois que de savoir si oui ou non on doit accorder la prêtrise aux femmes. Un reflet de nous-même en somme. Si vous prenez le temps de partager avec lui, vous verrez que dans la majorité des cas, il ne se reconnait pas dans l’Eglise d’aujourd’hui, celle de la Banque du Vatican, des évêques qui couvrent les abus sur mineurs et prêtres superstars. Ce qui m’impressionne, c’est qu’en même temps, il a la foi, l’espoir, l’envie que cela change. Moi je dis chapeau ! Si ce n’est pas de la foi ça !

Après tout, suis-je différente de ce chrétien (juif/musulman/témoin de Jéhovah…etc.) ? Pas tant que ça. Certes on n’a pas exactement les mêmes croyances, mais après tout, chacun sa voie. C’est à partir de là que j’ai commencé à me demander pourquoi certains mots sont tabous chez les païens. Pourquoi parler de spiritualité plutôt que de religion ? De croyance plutôt que de foi

Néopaga et foi

Il existe des raisons étymologiques pour cela mais pour être honnête, je ne pense pas qu’elles soient la raison première et organique pour laquelle on n’utilise pas ces termes. Vu le niveau grammatical général et du web en particulier, n’essayez pas de me faire gober qu’on attache de l’importance à la signification première de religion quand on ne le fait pas pour 90% des mots. A mon sens, cela fait partie d’une forme de rejet de la religion telle qu’elle existe actuellement, en tant que cadre. On préfère parler de spiritualité car c’est vague, c’est général, léger, moderne. La religion, à mon sens, est vieillotte, elle demande de l’implication, caractérise nos choix et est limitative.

Je m’explique. Avoir une religion, une foi, cela fait de nous quelqu’un qui croit, qui appartient à quelque chose de plus grand. La religion, c’est un quotidien, des prières, des dévotions et une relation au divin qui modèle notre vie. Vous vous y retrouvez ? Moi oui en tout cas et c’est pour cela que j’ai décidé d’utiliser les termes spiritualité et religion de façon interchangeable. Car la spiritualité telle qu’elle nous est « vendue » à l’heure actuelle ou plutôt telle qu’on décide de l’acheter c’est un peu comme le t-shirt à la mode. On le met quand ça nous arrange, pour se sentir mieux, être dans le thème en fonction des amis que l’on voit ce jour-là. C’est léger, c’est un bouquin que l’on pose quand on a plus le temps et surtout c’est perçu comme un passe-temps qui n’impacte pas vraiment votre vie de façon profonde. En tout cas, c’est la perception que j’en ai au fil des blogs, articles, livres que je lis et des documentaires et vidéos que je regarde. Un peu comme si la spiritualité était le côté fluffy de la religion (fluffy au sens où on l’entend quand on critique la légèreté et la superficialité d’un néo-païen, ce terme veut tout dire et rien dire mais je n’ai pas trouvé mieux, là tout de suite).

Alors voilà, je me considère comme quelqu’un de spirituel ET de religieux. Religion, foi, prière sont souvent remplacés par des périphrases parce que ça fait « trop catho » et bien moi, je vous dis zut ! J’ai des croyances mais j’ai surtout une foi inébranlable en mes dieux. Je ne me vois par exemple pas vraiment exprimer autrement mon rapport à Athéna. Je ne crois pas en elle (on croit au père Noël, aux contes de fées, aux légendes urbaines, pas aux dieux), j’ai une foi inamovible, impérieuse en elle. Nuance. Alors voilà, je ne sais pas vraiment où cet article fini, s’il a voulu dire quelque chose et si les mots ont traduits ne serait-ce qu’infimement ma pensée, mon ressentit.

Dans cet article j’utilise païen et néo-païen interchangeablement, c’est mal mais on s’en fout, d’ailleurs, je fais des raccourcis bien pires. Jetez-moi des tomates virtuelles.

Spir vs reli

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9 réflexions sur “Néo-paganisme, religion, spiritualité et foi : refléxions en vrac

  1. Article intéressant et très VRAI. Personnellement le terme Religion ( spécifiquement dans le paganisme contrairement au catholicisme ) est un « grand mot » pour moi qui implique trop de dévotion, un mode de vie compliqué. J’ai vite réglée la question et je me considère proche du catholicisme avec des affinités pour le néo-paganisme. Je viens participer au mini-débat sur les mots et leurs sens pour dire que je trouve le terme « spiritualité » dure à définir. Et il m’a fallu longtemps avant de comprendre son sens réelle. En vérité ça ressemble même à un fourre tout : on croit en un ou des dieux, on est considérés spirituels. On pratique la méditation alors on est aussi spirituels. A travers mon initiation j’ai sût qu’être spirituel c’était de placer son esprit au dessus ( et non sa façon de penser), Philosopher avec sagesse et humilité, que ce soit sur la religion ou encore sur la vie pour avoir une approche sereine de l’avenir ou encore des problèmes que l’on vît.
    J’en profite pour te dire Morri que j’adore ton blog, surtout tes réflexions intéressantes et de qualités. 🙂

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  2. Superbe article ! Cela fait du bien de lire cet article avec le ton que tu emploies. Cela fait avancer ma réflexion sur ma propre foi, ma pratique.
    Pour Athéna, j’ai toujours été attirée par elle, de là à dire que j’ai une foi impérieuse, je te tire mon chapeau (aucune ironie dans ce que je viens de dire).. Mais je suis une très jeune polythéiste moderne (au final, je préfère me définir ainsi, pour le moment).

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  3. Ton article est super j’ai adoré Miss!!
    Pour ma part religion et spiritualité sont deux termes différents. Les deux parlent de « croire » en une force supérieure qui nous régit, en la bienveillance universelle qui va se répercuter… mais la religion donne un cadre comme tu l’as dit, elle met une étiquette sur nos croyances. Ainsi on peut être spirituel sans appartenir à aucune religion (comme moi hé hé), tu peux prier différents Dieux, aller à l’église brûler un cierge à la Vierge ou célébrer les sabbats… Tu es un peu l’opportuniste des croyances! 🙂 Tu es spirituel, tu as la foi, mais tu n’as pas de religion.
    La spiritualité est effectivement un terme évasif mais ça ne veut pas dire qu’il manque de profondeur. C’est un peu comme la philo et les religions seraient les courants de pensées (comparaison un peu maladroite certes)
    Enfin c’est comme ça que je différencie ces deux idées.
    Merci pour ce bel article! 🙂

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    • Merci 🙂 et bravo de l’avoir lu jusqu’au bout, il n’était ni vraiment court, ni digeste ^^
      Comme je l’ai répondu aux autres commentaires, je fais bien la différence (théorique surtout, pratique aussi mais là, tout dépend du contexte en fait) entre religion et spiritualité qui d’ailleurs ne manque pas de profondeur…en théorie car l’usage, notamment marketing que l’on en fait lui, est à peut près aussi profond qu’un dé à coudre >_<
      Grosso modo pour moi, la religion est l’expression (extériorisée donc) dans un cadre donné (qu’il implique des prières et rituels solitaires ou une organisation dogmatique) d’un ressentit, d’un état d’esprit profondément humain, la spiritualité. Je ne serais peut-être pas éternellement d’accord avec cette définition, mais pour l’instant, j’aurais du mal à faire mieux 😛

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  4. Bravo pour cet article sincère et sans faux-semblants, qui tranche avec beaucoup de choses que j’ai lu jusqu’à présent. Pour ma part, je ne crains pas de dire que j’ai une religion, et que j’ai une foi (même si c’est, j’aime à le dire, une autre foi, une foi désuète mais réelle, comme tu l’exprimes très justement à propos d’Athéna, dont je partage avec toi la dévotion).
    Je pense cependant que religion et spiritualité ne sont pas tout à fait interchangeables : à mon sens, la spiritualité est une tendance fondamentale de la psyché humaine (comparable et peut-être symétrique de la sexualité), qui s’exprime ou ne s’exprime pas, de telle ou telle façon. Lorsqu’elle prend une forme concrète dans telle ou telle tradition, alors elle devient une religion. Disons que la religion est à mon avis la forme concrète que prend à un moment donné la spiritualité.
    Mais il n’empêche que je partage sans réserve ton analyse, et que je te remercie pour cet article.

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    • « article sincère et sans faux-semblants, qui tranche avec beaucoup de choses que j’ai lu jusqu’à présent » = gros pavé indigeste qui donne la migraine ? 😛 Moi je conseille toujours l’huile essentielle de menthe poivrée pour la migraine 😀
      Pour ce qui est des termes (et concepts) de religion et de spiritualité, je ne les considère pas comme interchangeables en fait, sauf quand je râle ou que je décide de jouer les rebelles et de faire des généralisations (boueuses). Je suis tout à fait d’accord avec la façon dont tu définis la spiritualité. Religion et spiritualité sont des idées très différentes (même si proches) au fond, ce qui m’embête/me fait réagir/m’interpèle/m’intéresse (rayer la mention inutile en fonction de l’humeur ^^) c’est l’utilisation qui en est faite. Par nous petits humains plus ou moins spirituels et religieux et aussi par la société (et les sociétés qui diffèrent en fonction des pays, des cultures), le marketing (spiritualité c’est beaucoup plus vendeur que religion)… etc
      C’est en fait un article que j’aurais dû approfondir, relire, nuancer, sourcer mais ça aurait finit en thèse ^_^
      Bref, ravie que mon tas de mots t’ait plu 🙂

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  5. Je le trouve chouette ton article. Et bien construit et juste quoique tu en penses 😉

    Je pense que c’est l’usage du mot qui influe sur sa signification et le fait qu’on souhaite l’utiliser ou pas. Ainsi, j’ai l’impression que parler de religion aujourd’hui dans notre région du monde occidental sous-entendra toujours « religion monothéiste » alors que dans d’autres pays, d’autres cultures, on admettra plus facilement qu’il s’agisse de religion polythéiste par défaut. C’est à mon sens une question d’habitude. L’usage forge le mot, quitte à le déformer de son sens initial.

    D’où le fait probablement qu’on ressente le besoin de se différencier de cette religion majoritaire et des sous-entendus culturaux qui y sont attachés en employant des mots différents. Mais c’est dommage, on perd en force alors que l’intensité de ce qu’on peut vivre est la même (avec comme tu dis en plus le fait que les terme de spiritualité et de croyance soient repris à tout va comme étant tendance ou à la mode)

    Bref, c’est une jolie profession de foi que tu nous a fait là ^^

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    • Je te rejoins tout à fait quand tu dis : « c’est l’usage du mot qui influe sur sa signification et le fait qu’on souhaite l’utiliser ou pas. » C’est tout à fait ce que je ressens (notamment quant au terme « religion » auquel on préfère « spiritualité » notamment dans le monde anglosaxon mais pas que) et sur quoi, au final, je n’ai pas forcément été ultra claire (mais comme on dit, c’est l’jeu ma pauv’ Lucette !).
      « L’usage forge le mot, quitte à le déformer de son sens initial. » Très très bien dit et surtout extrèmement vrai !

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